L’heureux gagnant fait désormais partie lui aussi du cercle des multimillionnaires. Il serait à présent le plus riche, sinon l’un des plus riches habitants du quartier.
L’homme est paraît-il encore un peu fâché avec l’euro. Aussi, ne réalise-t-il peut-être pas très bien la coquette somme qu’il est sur le point d’empocher : plus de 13 000 000 de francs. Soit l’équivalent d’un salaire au Smic à vie. L’habitant du Guillaume a validé son bulletin chez Anne Grondin, à deux pas de l’église. Comme tous les lendemains de tirage, le parieur est arrivé tôt au bureau du Loto.
Ce jeudi, il est même le premier client. “Comme tous les jours, il a présenté son ticket pour vérification et il a demandé : “c’est n’est pas encore aujourd’hui que je suis riche” ?”, raconte Éric Grondin, fils de la buraliste. À ce moment-là, le chanceux joueur ne sait donc pas encore qu’il est l’un des trois gagnants. Et lorsque Éric passe le ticket dans le terminal, quelle n’est pas sa surprise. “J’ai eu comme un choc : j’ai vu que tous les numéros correspondaient à ceux du tirage”, dit-il. 10, 11, 18, 29, 40, 48 sont les six chiffres du bonheur avec le 25 comme numéro complémentaire.
Des numéros qui auront donc porté chance à un Réunionnais. Ce dernier a validé un bulletin multiple à 3,60 euros.
UN SECRET BIEN GARDÉ
“C’est quelqu’un d’assez modeste. Il ne travaille pas. Et a quelques petits ennuis de santé”, précise Anne Grondin, tout en respectant le désir du joueur de conserver son anonymat. Même en insistant - Éric Grondin l’a contacté par téléphone - nous n’avons pu avoir les impressions du tout nouveau millionnaire.
“Demain (ndlr aujourd’hui) je vais voir si j’ai des choses à dire, explique-t-il. Mais pour l’instant je ne préfère pas” ... Anne Grondin est buraliste depuis deux ans à peine. Chaque jour elle voit défiler de nombreux parieurs au 21, rue de l’Église. “Quand ce n’est pas au Loto, c’est au Kéno. Celui qui a gagné la cagnotte joue tous les jours”, dit-elle. “C’est la plus grosse somme jamais remportée chez nous”, ajoute son fils. “Nous avons déjà eu des gagnants à cinq mille euros mais pas plus”. Dans le quartier, le secret a été très bien gardé. Seuls le parieur et les représentants de la française des jeux étaient au courant hier en fin de matinée.
Même dans les environs immédiats du bureau, tout le monde ignorait qu’un habitant du Guillaume avait touché le gros lot. “Il y a un gagnant ? Ce n’est malheureusement pas moi”, ironisait Ernest, avec le sourire. Celui-ci a sa petite idée de ce qu’il ferait avec une telle somme. “Je partagerais avec mes proches. Et je m’offrirais aussi quelques petites fantaisies”, précise-t-il, en citant pêle-mêle l’achat ou la construction d’une maison et des voyages.
Élève au collège Lougnon tout proche, Tino a lui aussi son avis. “J’offrirais une voiture à ma maman. Et je placerais le reste sur un compte en banque”, expose celui-ci. “En tout cas, je n’aurais plus à me soucier pour mon avenir professionnel puisque je n’aurais plus besoin de travailler”. Le mystérieux gagnant, lui, voit peut-être les choses autrement. En tout cas, il peut désormais passer à la phase de réalisation de ses rêves et s’offrir tout ce qu’il veut (ou presque).

